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course à pied paris sport

Cross Amnesty 2013

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coupes

coupes

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DAVID : J’aime retourner courir chaque automne le cross d’Amnesty International dans le dix-neuvième arrondissement. Il y a plusieurs raisons à ça: D’abord c’est une course sympathique, sans prétention; une course de village, de quartier, même si ce quartier représente la sixième ville de France, devant Lille et Bordeaux. C’est une courte distance; 8km ça va vite et ça me change des épreuves interminables auxquelles je participe souvent. Je serai au moins finisher et dans un bien meilleur état que si j’avais dû faire 80km en montagne. C’est une course à domicile, sur mon terrain d’entrainement, dans le parc des Buttes Chaumont. Je suis le taulier du parcours et je ne voudrais pas qu’on y courre sans moi. et puis courir pour Amnesty, c’est aussi l’occasion de donner quelques euros et sa signature pour signifier que les droits de l’Homme ont un sens et qu’on voudrait que cesse l’oppression des hommes et des femmes partout où elle s’exerce.

ANNE : je me méfie des courses sur lesquelles David veut m’emmener courir, elles sont trop longues, trop loin, trop tôt ou trop chères.
Cette course là rentrait dans toute les cases, nous n’avions aucun engagement la veille et les inscriptions se faisaient sur place le jour de la course, je me suis laissée convaincre.

3'55"

3’55″
©Amnesty Paris 19

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DAVID : Il fait un froid de canard ce matin mais en courant de la maison à la Villette ça me laisse 4km pour m’échauffer. Cette année la course n’a pas lieu dans les Buttes Chaumont. Avec les travaux qu’il y a dans le parc cette année, les barrières et les tranchées, le cross eut été transformé en steeple chase. La Villette donc; c’est aussi “chez moi” mais ça manque de côte. Courir à fond sur du plat comme sur une piste d’athlétisme ce n’est pas vraiment ma spécialité. J’aime bien quand ça grimpe et que ça casse les pattes des trop bons coureurs; ça me laisse un peu de chance. Pour le coup, c’est fichu.
Les quatre kilomètres d’échauffement sont à peine suffisants, j’ai encore les muscles froids quand nous atteignons le parc. Ma sœur nous attend devant la cité de la musique. J’ai réussi à la convaincre de s’inscrire sur sa première course.

ANNE : J’accepte de suivre David pour un échauffement presqu’aussi long que la course. Là; cela ne sert à rien. Le temps de s’inscrire et d’attendre le départ on se sera refroidi. C’est un peu ridicule de partir aussi tôt pour une course dont le départ est prévu à 10h00 mais tant pis. De toute façon, on ira toujours plus vite en trottinant qu’en prenant les transports en commun. Il fait froid, j’ai enfilé trois couches successives, un bonnet rose Odlo et des gants.
On atteint la Villette à 9:20, il nous reste quarante minutes pour mourir de froid.

bonnet rose

bonnet rose
©Amnesty Paris 19

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DAVID : L’organisation est réduite à sa plus simple expression. j’adore ça : deux tables, un ordinateur portable pour enregistrer les noms, des dossards et des épingles à nourrices et c’est parti,
Nous ne sommes qu’une soixantaine. Il y avait les années précédentes un peu plus de monde. Je ne sais pas si c’est le froid ou la délocalisation qui ont refroidi leurs ardeurs mais ceux qui sont là sont sans doute les plus motivés.
Je récupère le dossard numéro 6. Ce n’est pas sur l’UTMB que j’aurais couru avec un chiffre pareil sur le dos. Il en faut peu pour me mettre la pression.
Parmi les gars qui s’échauffent autour de la ligne de départ, certains me semblent affutés. L’un d’eux porte un dossard jaune; il ne courra pas le 8km mais le 4km; ça m’arrange bien, vu la vitesse de ses accélérations j’aurai dans doute du mal à le suivre.
J’effectue encore quelques allers-retours moins pour m’échauffer que pour le réchauffer. On ne tient pas longtemps quand on attend en t-shirt par 2 ou 3 degrés.
Anne est équipée comme pour un Trail blanc, elle ne risque pas de prendre froid; d’ailleurs, comme elle est bien au chaud, elle ne s’échauffe pas.

ANNE : Quelques coureurs sont agglutinés autour d’une table et de deux chaises. En moins de trois minutes nous sommes inscrits et le dossard épinglé sur le ventre. Le certificat médical que j’ai dû aller chercher de toute urgence chez notre médecin ne sert à rien, ils ne le vérifient même pas.
J’ai toujours aussi froid et j’attends le moment du départ pour ôter mon coupe vent et laisser mon sac “coureur” à l’abri du buffet. Je veux me servir un verre de thé bien chaud mais on m’arrête; les boissons sont réservées pour l’arrivée.

merci

merci
©Amnesty Paris 19

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DAVID : On se regroupe sur la ligne. La speaker annonce, avec son mégaphone qu’elle peine à faire fonctionner, les missions sur lesquelles la section locale d’Amnesty est engagée : la libération du Dr Tun Aung, un opposant birman, la condition des femmes et les exactions contre les coptes en Égypte.
Ils ont placé les enfants qui courent le 4km devant, pour éviter les bousculades. Ce n’est pas vraiment une bonne idée si tout le monde doit partir en même temps. Mais ça fait parti du côté sympathique de la course ces sas inversés : éviter de piétiner les enfants au départ, ça contraint de ne pas partir comme une bombe.
Au top, pourtant, ça part plutôt vite. Je me cale en queue d’un groupe de six.
Nous devons parcourir huit fois une boucle qui forme un triangle d’un kilomètre entre le canal de l’Ourcq et l’allée du Belvédère. Les trois premiers filent comme des fusées. Je ne peux pas les suivre.
Les deux suivants ne sont pas très loin et je les rejoints avant la fin du premier tour. Ils ont brûlé; Ils sont partis trop vite.
Je ne suis habituellement pas très véloce mais quand je vois mon mon chrono dépasser les 4mn alors que je n’ai pas encore bouclé le premier tour, je m’inquiète un peu. 4:05 pour un kilomètre c’est un peu faible. Il m’arrive parfois de ressentir comme un frein, l’impossibilité de dérouler proprement; mais ce n’est pas le cas ce matin. Je ne me sens pas particulièrement lent. J’imagine que la distance annoncée est approximative et que le tour peut aussi bien faire 1100m, personne ne s’en plaindra.
Le circuit forme un triangle. On commence par une longue ligne droite de 455m sur l’allée du Belvédère puis on longe le canal de l’Ourcq pendant 455m puis on slalom autour du Zénith pour revenir sur l’allée du Belvédère. C’est un peu monotone; moins qu’une piste d’athlétisme mais je fatigue un peu à repasser indéfiniment aux mêmes endroits.
Cela dit il y a un avantage à tourner comme un poisson dans son bocal, on a toujours quelqu’un à doubler, un courir en point de mire qui évite de s’endormir.

ANNE : Je me mêle aux coureurs au milieu du peloton et je n’essaie pas, comme David, d’être la plus proche de la ligne.
Le départ est donné et je me retrouve la première des filles. David m’avait conseillé de suivre et de m’accrocher à la première. Pour le coup c’est raté, je vais m’accrocher à moi même et tenter de doubler quelques garçons.
J’ai encore oublié de recharger la montre Garmin que David m’a offerte pour mon anniversaire et l’écran est devenu noir avant même que la course ne commence. Je ne connais ni mon temps, ni ma vitesse; je cours en aveugle, avec mes seules sensations.

finish line

finish line
©Amnesty Paris 19

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DAVID : Je double ma sœur pour la première fois au milieu du troisième tour. Elle court sereinement en mode finisher. À la fin du quatrième tour, je remonte au niveau du troisième qui semble en perdition et ne fait pas de manière pour se laisser doubler le long du canal. Je suis troisième; je peux faire un podium si j’arrive à maintenir mon allure et qu’aucun gars ne revienne sur moi.
Pourtant, au milieu du cinquième tour, un coureur arrive à mon niveau. Je l’avais vu s’échauffer le long de l’allée avant le départ, je pensais qu’il faisait parti du binôme qui s’était envolé devant moi.
Il m’annonce que je suis en tête car les deux premiers se sont arrêtés au quatrième kilomètre. Je comprends mieux leur départ fulgurant.
Cette nouvelle me trouble quelque peu : Je suis en tête d’une course. Cela ne m’était jamais arrivé auparavant et, surtout, je n’imaginais pas que cela puisse arriver un jour.
Je cours sur un nuage. Difficile de décrire la joie qui m’enveloppe pendant ces minutes. Lorsque je double Anne à la fin du cinquième tour, puis une seconde fois Marie-Pierre dans le sixième tour, je leur crie que je suis en tête. Cela ne semble ne leur faire ni chaud ni froid; chacun est dans sa bulle. Je savoure la mienne. Mon allure n’a plus trop d’importance désormais : Je gère ma place. Je contrôle celui qui court un ou deux mètres derrière moi.

ANNE : Je suis première chez les filles et je vais sans doute le rester car la seconde est loin derrière. Je ne compte plus les gars que je double. Je sens bien qu’il y a plus de monde derrière que devant moi, ce n’est pas franchement habituel pour moi!
J’ai un bon rythme; je crois bien que je n’ai jamais couru aussi vite. David me double. Il fanfaronne, il est premier. Je lui réponds que moi aussi je suis première féminine mais il ne m’écoute pas et continue sa course sans prêter plus d’attention à la mienne.

4'45"

4’45″
©Amnesty Paris 19

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DAVID : on atteint le huitième tour. L’adrénaline commence à m’envahir. Tout va se jouer dans quelques minutes. J’ai peur que mon poursuivant accélère et me lâche. Je ne veux pas non plus donner le signal d’un sprint précoce, cela pourrait lui donner des idées et, qui sait, il est peut-être bien meilleur que moi à ce jeu là. Jamais je n’ai couru en ayant à me poser de telles questions. J’ai l’habitude de courir derrière un chrono, pas devant une place.
L’arrivée approche. Partir à 500m, ce serait trop risqué, 400m, 300m,… On entre dans la cour du Zénith. Je lâche les chevaux. Je m’attends à voir le second revenir sur moi comme une fusée. 250m. Je tourne sur l’allée du Belvédère; l’arrivée est à 150m de moi. On ne sait jamais, je ne voudrais pas tout perdre si près du but. Je me jette dans un sprint. La ligne approche, je suis devant.
Je retiens mon souffle. Ce n’est pas une technique de course, c’est la peur qui me tient. Je franchis la ligne en apnée. Je suis en tête, je suis premier.

ANNE : dernier tour, j’accélère l’allure pour essayer de dépasser les hommes encore à ma portée. À chaque fois c’est le même cinéma : ils accélèrent quand j’arrive à leur niveau. Ce n’est pas de se faire doubler qui les gênent; là où il en sont, ils ne courent plus pour le podium. C’est d’être doublé par une femme qui les vexe et c’est aussi ce qui me donne le courage de tenir bon et de les lâcher.
Je vois l’arrivée, j’entends des encouragements. D’habitude, sur les courses, je passe toujours inaperçue; aujourd’hui c’est une autre histoire : je termine première. David m’accueille et me félicite.

première

première
©Amnesty Paris 19

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DAVID : Je goute pendant quelques minutes qui durent au moins un siècle au plaisir de la victoire.
34’20″. C’est moyen pour un 8km mais tous ceux qui arrivent derrière moi comptent 600 à 800 mètres de plus sur leurs GPS. C’est aussi ce que je mesurerai sur une carte IGN, en rentrant chez moi.
Anne passe devant moi; elle entame son dernier tour; elle aussi est en tête, chez les filles.
Je remercie Denis, le second. C’est lui qui m’a informé de ma place et c’est l’envie de rester devant lui qui m’a fait courir pendant trois tours. Nous discutons l’un et l’autre jusqu’à ce que Anne Franchisse à son tour la ligne d’arrivée. Je suis assez fier de sa place; au moins autant que de la mienne.
On nous remet à chacun une grande et belle coupe que Théophile s’empressera d’exposer dans sa chambre. J’ai couru, comme chaque course cette année, avec un écusson Team-Outdoor brodé sous mon épaule gauche, mais je n’ai pas prévu de veste de “podium”. Ce n’est pas le genre de truc auquel je suis souvent confronté et je suis déçu de ne pas pouvoir rapporter, pour une fois, une photo avec la coupe dans les bras et l’écusson de la Team au dessus du cœur.

ANNE : J’ai mis 40’58″ sur un circuit de presque 9km. La deuxième, Carine, arrive en 42:32 et une autre Anne, la suivante, en 46:36. C’est la meilleure vitesse à laquelle je n’ai jamais couru mais ce n’était pas trop difficile non plus. Je suis aussi 18eme au scratch; même chez les hommes je ne démérite pas trop.
On nous remet, à David et à moi, de grosses coupes et quelques cadeaux. C’est un peu Noël avant l’heure. Il va falloir gérer ça maintenant. Quand on gagne une fois on imagine qu’on peut le refaire; on voudrait le refaire même si, malheureusement, toutes les courses ne sont pas aussi faciles à gagner. Là j’ai enfin droit de boire un thé chaud avec Marie-Pierre, tout aussi thé addict que moi. Elle est contente d’avoir fait et fini sa première course, ça se fête aussi… Allez même un deuxième et un troisième thé!! Nous en profitons pour discuter et remercier les personnes d’Amnesty International qui nous ont si gentiment accueillies.
C’était un moment très agréable, nous sommes rentrés à la maison en courant, nos coupes dans les bras toujours dans le froid mais là je ne le sentais plus.

D&A

D&A
©Amnesty Paris 19

David & Anne (by David)

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camping sauvage

Camping Sauvage

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Salon extérieur

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Montmorency Hopeless Romantic

Je suis un peu victime d’un effet pervers induit par la vision du film de Nicolas Winding Refn. Je l’appelle le Drive Driving Syndrome™. Je rigolais en voyant ma sœur infuser des heures dans la baignoire avec des palmes et un tuba, après avoir vu six fois le Grand Bleu, il y a vingt trois ans. Elle avait quelques circonstances atténuantes, elle achevait son adolescence.  Elle en est sortie (de l’adolescence bien sûr et du film de Besson surtout). Les heures à écouter la musique d’Eric Serra ne lui ont laissé aucune séquelle. Je peux donc espérer moi aussi qu’un jour je serai guéri et que mon affection ne constituera plus qu’un souvenir embarrassant; J’aurai honte de ce DDS™ comme d’une lointaine syphilis.

Ça a commencé bêtement un mardi, quatre jours après  être sorti du cinéma. On m’avait prévenu; les filles craquent pour Ryan Gosling, Carey Mulligan est mignone, le scénario est bien foutu et les séquences en bagnole sont hypnotiques. Ca ne suffit pas pour faire de ce film un chef d’oeuvre mais il reste quelques images rémanentes et des envies d’autoroute.

L’idée de faire  six fois le tour du périphérique avec une Chevy Malibu 1973,  des mitaines en cuir et une paire d’Aviator sur le nez, m’est apparu comme le truc le plus évident du moment. J’ai redécouvert les groupes du Collectif Valérie comme Anoraak, Kavinsky ou College dont le titre a Real Hero arrive en tête des charts de mon Iphone ou de mon autoradio; Je zone sur deezer, Spotify, itunes et ce qui reste de myspace à la recherche de titres crypto new-wave qui me rappellent les boucles de basse électro qui encombrent la bande Original composée par Cliff Martinez; bref, je suis givré.

J’ai fixé la Gopro sur le pare-brise de ma Volvo et j’ai entrepris de filmer en timelapse toutes mes sorties du weekend. Des aller-retours dans le vingtième arrondissement, un tour dans le bois de Vincennes et un autre jusqu’à Montmorency où je suis allé courir, sous la pluie, dimanche matin.

Ce n’est pas Drive.  Ce n’est pas non plus un hommage; il existe sur la toile des “tributes” bien mieux roulés, à l’instar de ce petit clip d’animation

Là, ce sont juste des images de la circulation dans le nord de Paris; des heures en voiture, du bitume et des embouteillages. C’est gris, c’est Paris et on s’ennuie. J’ai ajouté un petit air synthétique de FM Attack comme on met de la musique dans les ascenseurs et les parkings, en espérant que ça crée une ambiance. Si les crapauds se transforment parfois en prince, mais la musique n’y changera rien : les ascenseurs et les parkings demeureront des espaces oppressant. Paris en décembre est sous la pluie; même filmé en timelapse ce n’est pas Hollywood.

Je vais reprendre mon vélo , c’est finalement beaucoup plus sympa que de regarder pendant des heures, les feux de stop de la voiture qui me précède.

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The Gifts



Rosa – Rosam, originally uploaded by ilgigrad.


Miss A, originally uploaded by ilgigrad.


BG, originally uploaded by ilgigrad.

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Paris-Versailles

Je ne me suis pas inscrit naturellement sur le Paris-Versailles. Je dois même avouer que je méprisais l’idée même de participer à une telle course. Partir au pied de la tour Eiffel et parcourir seize kilomètre accompagné de 25000 personnes me donnait la nausée. Une course de masse, à l’instar de la Parisienne, où la course compte moins que le nombre ; Une grande messe à la gloire des sponsors et de David Guetta. il n’a rien à voir la dedans mais le souvenir des sono surdimensionnés qui  nous balancent des tubes formatés pendant des heures sur la ligne de départ m’inspire très modérément. Ça peut toujours être pire. Les Chariots de Feu ou Carmina Burana au moment du départ et votre course est ruinée. Sur l’UTMB, par exemple, c’est abominable: Vous suez sang et eau pour parvenir à boucler les cent-soixante-dix kilomètres du parcours et, alors que vous allez franchir la ligne, BING ! On vous balance du Vangelis.  Encore ! Avec 1492, vous regrettez presque de ne pas avoir abandonné au quarantième kilomètre. Bref, Je me représentais cette course comme une épreuve pour ceux qui ne courent jamais et qui se lancent dans un pari stupide dès lors  qu’ils ont réussi à enchainer péniblement deux tours du jardin du Luxembourg.

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Je ne voulais pas participer au Paris-Versailles, comme je ne participe ni au marathon de Paris, ni aux 10km de l’équipe. J’ai couru les 20km et le semi de Paris, le Paris-Saint-Germain aussi: Je ne suis pas à une contradiction près. Je ne pouvais pas courir le Paris-Versailles parce que je participe à la Grande Course des templiers le mois prochain, et que courir 16 kilomètres en ville quand on doit en faire 75 sur les Causses, ce n’est pas raisonnable. Le paris-Versailles n’entrait pas dans mon plan d’entraînement, c’est tout.

 

Julien a insisté au milieu du mois de juillet pour que je l’accompagne sur cette épreuve qui arrive aux pieds de chez lui. J’avais établi un planning différent et je comptais plutôt courir sur les 33km de l’Imperial  Trail de Fontainebleau que sur du bitume. Je me suis finalement résolu à m’inscrire au tout début du mois d’août en prétextant que je pourrai toujours revendre mon dossard si je trouvais quelque chose de plus adapté à mon entrainement ce jour là.

L’été est passé, j’ai couru en montagne et en Toscane, j’ai couru la QBRC à Viroflay et septembre touchait à sa fin. Je courrais lentement, en nature le plus souvent, et en essayant d’intégrer beaucoup de dénivelé. ça na pas marché. Mon volume d’entraînement est très en dessous de ce qu’il aurait dû être ; je suis un fainéant. Quelques boucles entre le canal de l’Ourcq,les hauts de Pantin et la porte des Lilas avec Fred et François, des sorties longues en forêt de Meudon ou entre le Mont-Valérien et le vingtième mais c’est tout. Je ne dépassais pas les soixante-dix kilomètres par semaine quand j’ai donné rendez-vous à François, devant la tour Eiffel, afin que nous allions, ensemble, retirer notre dossard.

Le soleil brillait déjà depuis deux ou trois heures samedi matin quand je suis monté sur mon vélo. Un journaliste allemand qui m’avait interrogé la veille, nous promettait une météo parfaite pour le weekend et la semaine qui suivait. Il avait brandi son Iphone sur lequel irradiaient une dizaine de petits soleils. Les rues de Paris étaient encore vides et j’ai glissé tranquillement de Gambetta à la Bastille ; J’ai remonté la rue Saint-Paul et la rue de Rivoli, traversé la Seine au niveau du pont Alexandre III, et j’ai atteint la rive gauche en moins d’une demi-heure. Il m’a encore fallu cinq minutes pour relier le quai d’Orsay au quai Branly et j’ai retrouvé François. Il m’attendait sous le pilier nord-est de la tour Eiffel avec son Vélib.  Nous avons pédalé ensemble jusqu’à Issy les Moulineaux en longeant le charmant Parc André Citroën, l’héliport de Paris et le stade Suzanne Lenglen. Je craignais que nous arrivions dans un gymnase bondé et qu’il nous faille attendre des heures avant d’accéder à la personne qui nous remettrait notre puce et notre dossard. Le gymnase était immense et vide ; en moins de trois minutes nous avions tout reçu, y compris un sémillant T-shirt Adidas vert pomme. Il n’était pas midi et j’avais encore toute un après midi devant moi.

Nous sommes repartis aussi vite que nous étions venus. Nous nous sommes quitté devant l’Assemblée Nationale en promettant de nous retrouver le lendemain vers 8h30 à l’angle du quai Branly et de l’avenue de la Bourdonnais.

 

Je suis allé, en famille, assister samedi soir à une représentation de la Comédie Française hors les murs :  le jeu de l’amour et du hasard mis en scène par Galin Stoev au 104. Nous avons diné au « café caché ». Je suis resté sobre, me suis limité à une brochette de poulet accompagnée de Boulgour et, à minuit, je dormais comme un bienheureux.

 

Le réveil à 6h30, dimanche matin fut plus difficile. Après un petit déjeuner « léger », j’ai enfilé mes Adidas SuperNova Glide et épinglé mon dossard sur mon maillot Salomon  jaune. J’ai quitté la maison vers 7h30 et me suis rapidement engouffré dans le métro. Dans la rame, j’ai rencontré un concurrent avec qui j’ai engagé la conversation. Il allait courir son huitième Paris-Versailles. Il avait l’habitude de les terminer en moins de 1h20, et parfois, en 1h10.  Il accompagnait un non-voyant  avec lequel il s’entraîne régulièrement. Il a évoqué la force et « le sixième sens » de ces personnes qui appréhendent à 14km/h une route ou un chemin qu’ils ne voient pas ; la confiance absolue de l’un envers l’autre et la responsabilité qui pesait alors sur ses épaules. Il m’a raconté son bonheur de courir à deux  avec des trémolos dans la voix. Ses yeux brillaient et j’ai bien voulu croire qu’il avait raison. Il m’a indiqué l’adresse d’un site internet sur lequel je pourrais trouver des renseignements et m’inscrire pour accompagner moi aussi, de temps en temps un non voyant ; il faut du monde pour aider une personne qui court trois à cinq fois par semaine.

Je suis descendu à la station Iéna, ai couru jusqu’à la passerelle Debilly et attendu François et Julien devant la brasserie de la Tour Eiffel. J’avais de l’avance et eux un peu de retard. Je me suis attablé en terrasse et ai commandé un déca. François m’a rejoint vers 8h45 et nous avons attendu Julien jusqu’à 9h05 environ. J’attendais depuis près de quarante-cinq minutes et le flot des coureurs grossissait considérablement devant la ligne de départ. Je regardais les cars venus de province, débarquer leurs chargements de coureurs. Des équipes, affichant les emblèmes et les couleurs de leurs clubs sur des t-shirts en cotons, immortalisaient leurs exploits en posant crânement devant la tour Eiffel. Les rouges dépassaient en nombre et en vivacité les blancs et les bleus; quant aux jaunes, je ne donnais pas cher de leur peau. Tous les autres étaient verts, c’était la couleur du maillot distribué avec nos dossards. Un vert qui est à la nature ce qu’Areva est à l’Écologie. Je suis sûr que, s’il existe, Adidas n’a pas fait mieux pour équiper le semi-marathon de Creys-Malville.

 

L’organisation avait placé le départ sur le quai Branly, au niveau de l’avenue de Suffren. Nous nous sommes glissés au milieu des coureurs à cent mètres environs de la première ligne. Pendant près d’une heure nous avons piétiné en attendant les ordres du starter. Le ciel azur et l’absence de vent constituaient la promesse d’une course parfaite. Je craignais que l’attente dans le froid ne soit extrêmement désagréable mais ce ne fut pas le cas. Je n’avais pas oublié de prendre avec moi un vieux sweatshirt Qeshua orange; Il ne m’a servi à rien et je me suis résolu à le laisser sur une barrière en espérant qu’il finisse par alimenter une cargaison pour Emmaüs. J’étais surpris par le nombre inhabituel de femmes qui m’entouraient. D’habitude, sur les courses de ce type, on compte facilement un rapport de 1 à 4 entre les hommes et les femmes. Cette fois-ci il y en avait beaucoup plus. Comme les filles qui pratiquent la course à pied sont sans doute plus affutées que celles qui pratiquent l’aquagym en compétition, – je ne dispose pas de statistiques précises sur cette question mais c’est une intuition qui doit aussi marcher avec les gars qui lancent des fléchettes – je ne regrettais plus tout à fait de que Julien m’ait convaincu de m’aligner sur cette épreuve. Nous avons eu une pensé pour notre pote, Fred, qui s’était déplacer à Berlin se weekend pour participer à un des plus beaux marathons du monde. Il devait être parti depuis près d’une heure, avait traversé Tier Garten avec 40000 personnes et, à l’heure qu’il était, il approchait sans doute le quartier de Mitte et la célèbre Alexander Paltz.

 

A 10h00 le starter a donné le coup d’envoi des coureurs élites. Les autres coureurs se sont élancés par vagues successives chaque minute au son de Muse. Partir sur Uprising me convenait tout à fait; je conserverais du jus sur au moins deux kilomètres et je serais pétri de remord d’avoir dénigré Carl Orff et David Guetta. Nous étions François et moi, avec deux cent-quatre vingt-dix-huit autres personnes, dans la huitième vague. Il devait être 10h10 quand ils ont lancé les Blues Brothers et que nous sommes partis. Je n’y avais pas pensé; J’aurais dû le mettre dans la liste des musiques interdites. C’était terrible; j’allais devoir me traîner pendant plus d’une heure en essayant d’oublier ce refrain assommant: Everybody needs somebody to love…

Notre plan était simple: s’échauffer tranquillement pendant les deux premiers kilomètres en ne dépassant pas 12km/h puis augmenter progressivement notre allure en passant à 4’45”/km sur les deux kilomètres suivants jusqu’à ce que nous atteignons notre rythme de croisière (4’30”/km) sur les deux kilomètres qui précèdent la côte des gardes. Nous avions pour objectif de terminer en moins de 1:15:00, il suffisait de suivre le plan.

Aussitôt après que le signal eut été donné, nous sommes partis à fond, oubliant dès nos premières foulées, le plan que nous avions établi. Nous longeons la Seine, il y a de l’espace. Contrairement aux grandes courses parisiennes sur lesquelles il faut jouer du coude pour doubler les grappes de coureurs qui piétinent devant soi, je peux courir à mon rythme sans aucune gène. Nous remontons le plus de concurrents possible avant d’atteindre Meudon : entre la côte des gardes et les chemins étroits en forêt chaque place gagnée coutera beaucoup plus chère que sur les larges voies des quais de Seine. Je compte 4’25”/km de moyenne sur les trois premiers kilomètres ; c’est un peu rapide. Le kilomètre suivant est plus lent: Nous profitons de notre avance et d’une pelleteuse garée au niveau du pont du Garigliano pour nous soulager d’une envie pressante que nous retenions depuis plus d’une heure.

Nous franchissons le périphérique et continuons à toute allure sur les quais d’Issy. Nous laissons l’Ile saint Germain sur notre droite. Avec un  temps pareil, je serai bien revenu m’installer sur la terrasse de l’Ile pour y déjeuner en famille après la course. Je dois pour l’instant me contenter d’un ravitaillement frugal servi après le pont de Billancourt. J’attrape la bouteille d’eau minérale que me tend une jeune scout. J’en bois une moitié et déverse l’autre sur ma tête pour la rafraîchir.  A peine ai-je fini cette toilette succincte que la longue file de coureur tourne vers la gauche pour attaquer la partie la plus redoutée du parcours.

Nous cumulons déjà six kilomètres de course et avons mis moins de vingt-huit minutes pour les parcourir. Avec 4’36” de moyenne je suis certain de pulvériser l’objectif que nous nous étions fixé. François semble en pleine forme. Bien que nous ayons longuement discuté de cette côte et de la nécessité d’en garder sous le pied pour ne pas finir la course carbonisé dès le septième kilomètre, je ne veux pas le freiner.  Nous décidons tacitement de ne rien lâcher et continuons  sur notre lancée ; Enfin pas tout à fait. Nous avalons le premier kilomètre de la côte des gardes à une allure de 5’15”/km. Mon rythme cardiaque augmente en proportion inverse de notre vitesse. Je passe de 166 à 172 bpm. Je suis au taquet. François aussi n’est pas au mieux, il est devenu écarlate. Nous doublons des coureurs par paquets. Je pensais naïvement que les premières vagues étaient composées de coureurs bien plus rapides que nous, mais ce n’est pas le cas. Certains d’entre eux marchent, d’autres forment un front infranchissable, oubliant les consignes qui avaient été données de laisser un espace à gauche pour doubler. Ils nous contraignent à un slalom incessant qui rend notre ascension plus laborieuse encore. Certains s’agacent quand on les supplie de s’écarter vers la droite, de sorte que ceux qui ont choisi de courir puissent continuer à le faire. La course à pied est aussi, dans ces moments là, un sport de combat. C’est ce que je craignais. Avec une telle foule et sans véritable sas pour organiser les coureurs en niveaux homogènes, on est vite confronté à des bouchons monstrueux.

Nous quittons la route des Gardes pour emprunter  l’avenue du Château. Notre allure fléchit encore un peu et sommes à quelques secondes de la barre fatidique des 10km/h.  Je n’ose pas dire à François que nous devrions nous calmer et ralentir un peu. Mais je sens qu’il souffre beaucoup lui aussi. La longue ligne droite pavée qui doit nous conduire jusqu’à l’observatoire de Meudon semble interminable.

Nous atteignons finalement le sommet autour du huitième kilomètre après quarante minutes de course. Nous pénétrons dans la forêt de Meudon en suivant la Route Royale. La pente s’adoucit, mais Je ne parviens pas à retrouver l’allure à laquelle nous courrions avant notre ascension ; mes jambes sont lourdes, je suis cramé. Je crois que François l’est aussi.

Un second ravitaillement  est établi à proximité de la Route du Pavé d Meudon. Des enfants nous  propose des quartiers d’orange, du sucre et du raisin sec pour accompagner les flacons d’eau minérale. Je propose à François que nous marchions pendant que nous nous hydraterons. Une longue minute s’écoule pendant laquelle je sens mon pouls diminuer. Nous reprenons enfin notre souffle. Ma fréquence cardiaque passe de 174 à 151 bpm et, pour la troisième fois consécutive, notre temps au kilomètre dépasse cinq minutes et trente secondes. Un homme déguisé en pingouin titube devant moi. Je l’interpelle d’un “Salut Linux !” sonore auquel il ne répond pas. Il ne comprend pas à quoi je fais allusion ? Je suis le trois-cent-cinquante-septième à faire la même plaisanterie ?  Ou bien est-il tout simplement exténué: avec sa double couche de poils et de plumes dans une côte pareille, il est certainement en train d’achever sa sublimation.

Notre chemin descend légèrement en direction des étangs de Meudon. Au dixième kilomètre, nous tournons sur la gauche pour aller passer sous la N118. Un nouveau raidillon d’une dizaine de mètres vient rappeler les lois de la gravités à nos pauvres jambes. Je reconnais ce trajet ; Nous l’avions emprunté quinze jours auparavant avec François, lorsque nous avons sillonné la forêt de Meudon, en trail, pendant trente kilomètres. Une fois passé du côté de Chaville, une longue descente de plus de trois kilomètres s’offre à nous. Nous déroulons tranquillement jusqu’aux faubourgs de Viroflay. Une dernière côte apparaît au bout de l’allée Noire avant que nous ne longions la lisière du Bois du Pont Colbert. Nous la gravissons lentement. Et perdons encore de précieuses secondes. Je sais pourtant que nous ne réaliserons pas notre objectif. Trois cents mètres avant que nous dépassions le panneau indiquant le point kilométrique treize, j’entends tout autour de moi le couinement des GPS qui signalent la fin d’un kilomètre.  J’imagine déjà tous ceux qui, sur les forums de course à pied, contesteront dès cet après midi, la longueur du tracé. Nous courrons depuis une heure trois, très exactement,  et il nous reste, au mieux, trois kilomètres à courir. Je suis incapable de tenir à une allure de quatre minutes par kilomètre pendant douze minutes. C’est mort pour 1h15.

Le dernier ravitaillement est installé avant le quatorzième kilomètre.  Nous avions convenu, avec François, de l’ignorer et de continuer à bonne allure afin de ne pas dépasser le seuil de 1h20. Nous franchissons la frontière de Versailles au bout de 14,5km. Il nous reste à peine 1,5 kilomètre à courir lorsque nous  foulons le goudron de l’avenue de Paris. C’est une très large artère bordée d’arbre.  Des centaines de spectateurs hurlent des encouragements tout au long des quelques hectomètres qui nous séparent de la ligne d’arrivée. Comme sur les quais, au début de la course, les concurrents ont  un espace immense pour lâcher leurs chevaux.  Il ne me reste malheureusement plus grand-chose à lâcher et François n’en a pas davantage sous le pied. J’arrache ce que je peux dans les derniers mètres et j’arrête mon chronomètre à 1 :18 :53.  François ne m’a pas quitté d’une semelle, ou peut-être est-ce moi qui ne l’ai pas quitté.

Le ciel est toujours bleu et le soleil qui brille sur Versailles comme il brillait sur Paris nous sèche rapidement. Une armée de scout en chemise rouge gère au millimètre chaque opération du processus d’arrivée. Je n’en avais jamais vu autant. Ils sont des centaines. Nous recevons un sachet de ravitaillement composé de deux barres de céréales, d’une pomme et d’une bouteille d’eau. Nous sommes ensuite décoré d’une médaille dont la forme rappelle celle d’une feuille de chêne mais dont je ne peux définir la matière.

C’est fini. Je prends mon temps, j’observe les autres coureurs qui terminent leurs courses, j’attends Julien. Même s’il court beaucoup plus vite que nous et projetait de passer sous la barre des 1h07, s’il a surfé avec la vingt-cinquième vague, il est possible qu’il arrive à Versailles bien après nous. Nous apercevons les vainqueurs sur le podium.  Les éthiopiens Atsedu et Goitetom se partagent les deux premières places.  Nous étions encore au milieu de la côte des gardes quand ils ont franchi la ligne d’arrivée(respectivement 47’39’’ et 53’41’’). Ils sont douchés et ont déjà revêtu leurs survêtements ; ce sont des extra terrestres. Haftu, la gracieuse petite Kenyane est particulièrement émouvante  quand elle monte sur la première marche. Le maire de Versailles qui ne doit pas compter beaucoup d’africain parmi ses électeurs, félicite un plateau d’éthiopiens, de kényans et d’érythréens ; la course à pied offre parfois des situations singulières, c’est un vrai bonheur.

Au bout de l’avenue colorée par les maillots des scouts et des coureurs, en toile de fond, le château de Versailles affiche sa splendeur ; c’est un joli spectacle.

Je n’ai pas retrouvé Julien et je quitte François qui se dirige vers le RER C. Je remonte l’avenue du Maréchal Foch pour rejoindre la gare SNCF rive droite. Je traverse la place du marché; Versailles me semble, sous ces couleurs, une ville animée et absolument agréable. On y croise bien quelques jeunes gens très « sortie de messe » mais ça me change des types qui, comme moi, terminent leur dimanche en t-shirt, en short et en sueur.

Je recevrai à l’heure du déjeuner un SMS de Julien qui a réussi à se mêler à la première vague et termine sa course en 1h05; Pas mal. Je reçois aussi un message de Sophie qui m’écrit que Fred a couru son marathon à Berlin en 4h14 ce qui est, pour lui, une très belle performance.

temps final : 1h18mn51s

Rang Scratch : 3032/20738

Rang VH1 : 838/4730

Rang Hommes : 2921/16062

Accès à la Trace du Paris-Versailles 2011

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Les vidéos de coursiers new-yorkais qui traversent la Grande Pomme à fond sur leurs fixies m’ont toujours beaucoup impressionné. Je l’expliquerai plus bas, aspirant à vivre de nombreuses années encore et d’en profiter autrement qu’assis dans une chaise roulante, je ne possède pas de vélo à pignon fixe. J’avais l’ambition de réaliser un petit clip qui exposerait, à la manière d’une vidéo de downhill, le trajet que j’effectue chaque matin jusqu’à mon bureau. J’avais déjà, cet été, tenté de filmer un de mes trails avec une GoPro; j’espérais que la vitesse induite par une longue descente en vélo offrirait davantage de sensations qu’une ascension en montagne…

 

J’ai commencé à me déplacer en vélo dans Paris au début de l’été 2007, après l’apparition du Vélib. Le principe d’utiliser librement un vélo, de le prendre et de l’abandonner où bon me semblait, m’a tout de suite emballé. J’ai souscrit à un abonnement annuel (29€ anywhere, anytime) et j’ai pédalé. Ce fut une révélation : la traversée de Paris en 30 minutes, les trajets matinaux jusqu’au bureau en moins d’un quart d’heure et la fin de la promiscuité dans le bus ou le métro m’ont permis de redécouvrir Paris.

Mon expérience du vélo restait, jusque là, assez modeste et, à l’exception d’une courte randonnée sur les GR 9 et 4 entre Cavaillon et Nice, je n’affichait aucun intérêt pour la bicyclette: Je n’ai pas le souvenir d’après midi de juillet à surveiller les étapes du Tour de France à la télévision ni de discussions interminables sur les avantages des dérailleurs Mafac ou Campagnolo; Bernard Hinault était un Blaireau, Poulidor un looser absolu et je n’ai jamais compris ce que disait  Merckx lorsqu’on l’interviewait.

Eddy Merckx 1971

J’étais perdu pour la pédale.

Et puis j’ai découvert Vélib. J’ai investit dans un casque Poc parce que j’ai rapidement eu l’intuition qu’il y avait un certain danger à affronter nu les automobilistes énervés et j’ai profité de l’été pour faire mes premiers allers et retours jusqu’au bureau. J’avais l’agréable sensation de rompre avec ma léthargie sédentaire et de pratiquer enfin une activité presque sportive et surtout Je pouvais même qualifier mon attitude d’écologiquement responsable. Ça pose un homme !

J’ai roulé tout l’été et pendant tout l’hiver qui a suivi. Les pistes cyclables n’étaient pas aussi nombreuses qu’aujourd’hui et le système du contre-sens n’avait pas encore été mis en place. Les règles quant à l’utilisation des voies réservées aux Bus n’étaient pas d’une très grande clarté et j’ai reçu  ma première contravention un soir, rue Lafayette alors que je rejoignais Anne au cinéma. Quand on exploite intensivement un système, on finit par en atteindre les limites; et celles de Vélib se rencontrent à ces bornes. Je ne parle pas là du décompte des vélos défectueux ou des dysfonctionnements du système informatique, cela se corrige, mais du problème systémique induit par le Vélib. J’habite au sommet d’une Colline dont l’accès à vélo nécessite un effort que l’on pourrait qualifier de « sportif ». Or les sportifs ne sont pas si nombreux surtout quand il s’agit de remonter un vélo après une journée de boulot. La rue de Ménilmontant est sympathique quand on la descend, dans l’autre sens, c’est un enfer. La probabilité de trouver un vélo le matin autour de chez moi a diminué avec  le succès de Vélib. Celle de ne pas pouvoir rendre son vélo parce que la borne que l’on rejoint est pleine étant à peu près équivalente à la précédente, j’ai dû marcher davantage que je ne roulais. Je faisais le tour des bornes du quartier, souvent en vain, pour trouver un vélo en état de fonctionner et je répétais cette errance pour trouver une place libre quelques kilomètres plus bas. L’approvisionnement des stations d’altitude est un problème critique et, à moins d’installer une batterie de télésièges autour des buttes de Paris, je ne vois pas comment le résoudre. On a bien essayé d’inciter les abonnés à monter les vélos en accordant un bonus horaire à tous ceux qui auraient le courage d’affronter les côtes les plus raides mais ce n’est pas suffisant. Pour grimper il faut développer du muscle pas un crédit d’heures. Peut-être qu’en autorisant un marché à terme de ces points et en valorisant financièrement l’ascension de Montmartre, de Gambetta ou de la Butte aux Cailles en Vélib, trouverait-on davantage de personnes motivées pour approvisionner les points hauts.

Lassé de mes trop longues heures à naviguer entre les bornes j’ai décidé de m’équiper de mon propre vélo. J’ai trouvé sur e-bay un VTT sur lequel j’ai tenté, en juin 2009, une traversé des Alpes avec Bruno. Je craignais en possédant mon propre vélo, de perdre la liberté offerte par le Vélib ; Ce fut loin d’être le cas et je suis devenu un cycliste convaincu.

chic-cycliste

J’ai touché du doigt le danger que représente la circulation à vélo dans Paris. Si la vidéo ci-dessus laisse supposer que ma conduite est imprudente, il n’en est rien; Je respecte autant que possible les règles applicables aux vélos. J’eus aimé que cela soit partagé par les automobilistes que je croise. A l’exception de deux soleils au dessus de portières ouvertes inopinément et dont je me suis échappé sans blessures grâce à mon casque et à une pratique intensive des chutes au judo,  je n’ai pas eu d’accident majeur. Je suis en revanche toujours choqué par la méconnaissance qu’ont certains conducteurs quant au partage de la voirie. Les voitures ne sont pas prioritaires, les cyclistes ne sont pas tenus de serrer la bordure du trottoir ou la file de voitures rangées sur leur droite pour laisser passer les véhicules qui les suivent et, surtout, il convient de laisser une distance d’au moins 1m50 entre son véhicule et l’épaule gauche du cycliste que l’on double. Une voiture est passé en force hier dans le bas de la rue de Crimée ; le conducteur m’a heurté avec son rétroviseur; j’aurais pu y laisser une jambe, il m’a insulté.

Après qu’on ait sectionné l’antivol et volé mon VTT, un après midi de 2010 devant le cinéma du quai de Seine,  j’ai fait l’acquisition d’un nouveau vélo. J’ai hésité un moment. Le look épuré des fixies m’a longtemps fait rêvé. Mais j’en ai finalement laissé l’usage aux jeunes et chics bobos téméraires. Sans pignons et sans frein on souffre autant dans les côtes que dans les descentes; comme l’écrivais un de mes potes, ces bécanes sont le fruit d’une entente démoniaque entre les cardiologues et les traumatologues.

Je possède désormais un joli Giant urbain noir très confortable et relativement léger… J’y ai ajouté un siège passager que j’utilise pour transporter Hugo ou Théophile quand ils revenaient de leurs entrainements de Foot. J’ai fait le taxi pendant près d’un an mais j’ai dû cette activité illégale; en grandissant, Hugo devenait de plus en plus lourd et je frôlais l’infarctus  lorsque je devais hisser ses quarante-cinq kilos et son énorme sac de la Porte de Montreuil à la Place Gambetta.

Après quatre ans d’une pratique régulière de la bicyclette à Paris, je ne conçois plus qu’on puisse se déplacer autrement. A l’instar d’un ancien fumeur face à une cigarette qui se consume, les voitures dans Paris me révoltent. Moins pour une raison environnementale, que pour des motifs comportementaux. J’ai en horreur ceux qui roulent vite dans les rues trop étroites ou qui klaxonnent pour qu’on s’écarte à leur passage. Ils n’ont pas compris qu’en ville la route est un espace public que l’on partage.

Je ne suis pas un intégriste, j’adapte mes principes à ma convenance et j’avoue sortir quelquefois ma grosse Volvo du garage pour aller chercher Hugo le soir quand il termine ses entraînements. Il vient d’ailleurs d’avoir quatorze ans et m’a demandé l’autorisation de disposer de sa propre carte Vélib. J’hésite encore; je crains qu’il ne soit pas suffisamment attentif et inconscient des dangers que représentent les automobiles.   J’ai un espoir; J’espère qu’un jour nos enfants pourront circuler librement et sans danger, à bicyclette dans Paris et ailleurs.

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Eco-Trail Paris 50km

récit de l’Eco-Trail de Paris 2011 50km

Je me suis inscrit à l’Eco-Trail de Paris au tout début de l’automne 2010. J’ai pensé que cette course pourrait constituer une première étape dans ma progression vers une participation à l’UTMB en 2013 ou en 2014. Après quoi, et à moins que je ne sois en réanimation cardiaque au CHU de Sallanches, je pourrai toujours me lancer dans le tour de Mars sans scaphandre.
Ce devait aussi être mon premier gros trail de la saison 2011 avant le Marathon du Mont-Blanc, en juin et surtout la grande course des Templiers en octobre.

arrivée de l’Ecotrail 50km

Même si certains orthodoxes de l’ultra considèrent un parcours de cinquante kilomètres comme une promenade de santé, une telle épreuve se prépare.
La course avait été programmée quelques jours après l’arrivée du Printemps, mais c’est quand même en hiver qu’il a fallu s’entraîner. Et sortir en décembre ou en janvier quand il pleut, qu’il neige et surtout qu’il fait froid, ce n’est pas toujours un plaisir.
On me reproche parfois d’avoir une relation addictive à la course à pied, mais la perspective de courir en été a davantage motivé mes sorties plutôt que le besoin ou l’envie de sortir de nuit, attraper la crève.

Le bilan de mes entrainements hivernal n’était pas particulièrement brillant. A l’exception d’une ballade à Crécy la Chapelle et d’une autre sur les bords de Marne de 25 km chacune, je n’ai pas fait véritablement de sortie longue. Je me suis contenté de courir au bois de Vincennes avec Fred. Comme Laurent s’était inscrit lui aussi sur cette course, nous avons régulièrement traversé ensemble le parc des Buttes Chaumont. J’ai aussi effectué quelques sorties avec Thibaut, mais lui avait un engagement beaucoup plus sérieux que le notre : les 80km.

Vendredi, veille de la course, Laurent me rejoint devant la sortie du Métro Père Lachaise. Nous traversons Paris en voiture pour rejoindre la tour Eiffel où nous devons récupérer nos dossards. Je me gare sous le Musée du quai Branly en face duquel est installé le village quelque peu anémique de l’Ecotrail. Pour le shopping c’est raté, on se croirait dans un supermarché de l’ère soviétique. J’ai de toute façon opéré suffisamment de descentes chez Team Outdoor, lorsque je manquais de motivation et que je compensais avec ma carte bleue les kilomètres qui manquaient à ma semaine, pour ne pas avoir besoin de m’acheter quoi que ce soit.
La remise du dossard est un grand moment d’émotion qui mériterait d’être mieux mis en scène. Je porterai le numéro 6341 pendant plus de 50km. Il faudra que je m’habitue à lui et que lui aussi accepte le coureur médiocre que je suis. Mais comme, 6341 ça reste quand même très éloigné des prestigieux numéros à un seul chiffre, nos médiocrités réciproques devraient s’ajuster. En revenant vers le parking, j’aperçois la terrasse des Ombres, le sublime restaurant qui surplombe le musée. L’idée d’y passer la soirée, demain, après notre arrivée, commence à me hanter. Nous pourrons y attendre paisiblement l’arrivée de Thibaut qui ne devrait pas atteindre la tour Eiffel avant minuit.

Nous prenons ensuite la direction de Versailles. Julien nous a aimablement proposé d’occuper l’appartement de ses parents, situé à moins de deux kilomètres de la ligne de départ. Nous avons rendez-vous dans un restaurant chinois du centre commercial Parly 2 pour y consommer notre dernier repas. A défaut de pâtes, je mange du riz. De toute façon, demain soir, je dînerai aux Ombres.
Nous ne nous éternisons pas sur notre frugal repas et allons rapidement nous préparer pour la nuit.
Laurent, bon prince, m’accorde la jouissance du grand lit ; il restera dans le salon, sur les coussins du canapé. Après une longue douche et avoir soigneusement préparé mon vestiaire pour le lendemain, je m’endors rapidement.

Je ne suis pas certain d’avoir passé une excellente nuit. J’étais anxieux et cela a quelque peu perturbé mon sommeil. Je dormirai bien mieux ce soir, c’est certain. Laurent, lui a passé sa nuit à tourner sur ses coussins sans trouver la position qui lui convienne. Il se réveille avec une douleur dans le dos; ça commence mal. Nous partageons le Gâteau Energie que j’avais préparé la veille et l’accompagnons d’un verre de concentré d’orange. Je me passe difficilement de mon bol de Muesli noyé dans du Fjord mais j’espère bien me rattraper avec la livre de bananes et de figues séchées que j’emporterai dans mon sac. J’ajoute quelques barres de céréales, deux ou trois gels et je prépare consciencieusement mes bidons en ajoutant à l’eau, une poudre sucrée Isostar.
Catherine et Julien passent nous prendre un peu avant 9h00 et nous déposent au bout d’une allée du parc qui entoure le Château de Versailles. Catherine repart rapidement, nous laissant tous les trois rejoindre, avec nos tenues de mercenaires, la Porte des Matelots.

Des bénévoles récupèrent nos jolis sacs verts et les déposent à l’arrière d’une camionnette. Nous récupèrerons nos affaires après l’arrivée dans quelques heures. Nous procédons aux derniers ajustement sur le bord du plan d’eau. la pression monte.

derniers ajustements

Le départ du 50km est donné au milieu du parc du Château de Versailles, le samedi matin vers 10h30, sous un très beau ciel bleu. Je suis entouré de Laurent, avec qui j’avais couru à Millau en octobre, et de Julien qui enchaine habituellement les Ironmen. Il est lui même accompagné de quelques potes tri athlètes dont l’un d’eux terminera quatrième.
Nous faisons, sur les six ou sept premiers kilomètres, notre chemin de croix autour du grand canal, au pied du château, sur de larges allées bien plates.
C’est magique, notre enthousiasme est intact, on se laisse entrainer à courir bien au dessus du rythme prévu mais ce n’est pas grave on sait que cela ne va pas durer.
On sort du Parc et on continue le long du camp des Matelots, puis derrière la pièce d’eau des Suisses. Le peloton est animé, il y règne une bonne ambiance, et, avec le soleil, c’est le printemps.
Attaque de la première véritable côte au bas du camp militaire de Satory. Les coureurs ralentissent et se mettent sagement à la marche. On entre ensuite dans la forêt de Buc. Julien décide de nous abandonner et de courir dans les côtes. Nous ne le reverrons plus. Laurent et moi préférons rester sur notre plan: marcher sur les pentes raides puis relancer notre course aussitôt le sommet franchi. Nous en sommes à 13km, la moitié du chemin qui doit nous conduire jusqu’au premier ravitaillement

Nous traversons une autoroute vers le quinzième kilomètre. Je commence là à moins apprécier le parcours. Cela n’a finalement rien d’une course en nature; on traverse des bois péri-urbains et des zones résidentielles, on est loin des Causses. Vers Vélizy, un type compte les filles sur le bord du chemin : La 104ème est juste derrière moi. Il y a huit garçons qui courent autour de mois pour une seule fille; un dixième. Nous en déduisons avec Laurent que nous devons nous situer à la millième place. C’est une erreur, les filles courent plus vite que ça.
Les fruits séchés que j’avais placés dans le petit pochon à déchet remis par les organisateurs laissent dégouliner un liquide visqueux et sucré. J’en ai plein les mains et ça colle. Mon t-shirt et mon short sont eux aussi maculés de ce sirop. J’avale ce qui reste de fruits pour éviter que tout cela ne me salisse davantage et je passe au moins deux kilomètres à lécher mes doigts pour tenter de faire disparaitre cette sensation très désagréable sur mes mains. Je pense pendant quelques instants à utiliser l’eau contenues dans mes bidons mais je réalise rapidement que la boisson à qu’ils contiennent est elle aussi sucrée…
Forêt de Meudon puis Chaville.

jumping jack flash

Ca commence à tirer, le ravitaillement se fait attendre, mes gourdes sont presque vides. Nous n’en sommes pourtant qu’au 22ème kilomètre et la pause est théoriquement prévue cinq kilomètres plus loin. Il faudra attendre un kilomètre de plus. Nous atteignons le ravitaillement en plus de trois heures. Une demi-heure de plus que dans le planning que je m’étais fixé.
Laurent change de semelles, il souffre des talons. Je remplis les bidons avec de l’eau pétillante (grosse erreur) et j’avale goulument quelques rondelles de saucisson et des Tucs . Depuis quelques kilomètres, je n’ai plus le goût du sucre. La boisson au gout d’Orange que j’avais dans mes bidons m’était devenue insupportable.

On continue d’enchaîner des raidillons tous les cinq cents mètres. C’est très pénible car on ne peut pas s’installer dans un rythme. Il me faut bien un kilomètre pour me sentir à l’aise et dérouler, mais là je n’y parviens jamais; dès que ça commence à aller et que je sens que je vais avancer. Paf, une côte! En fait, c’est simple, le parcours est une sinusoïde : ça ne fait que monter et descendre!

Ville d’Avray et un petit tour dans la bourgeoise Marne la Coquette. Ca fait longtemps que la bonne ambiance a disparu. Plus personne ne parle. C’est lugubre. Laurent râle, il n’apprécie pas le parcours et il tarde de plus en plus à se relancer lorsqu’il parvient au sommet d’une côte. Je le laisse derrière moi en promettant de l’attendre au prochain ravitaillement. Mes jambes commencent à devenir lourdes mais comme on approche de la distance du Marathon je reprends un peu de courage. Depuis la sortie du premier ravitaillement je double des coureurs sans jamais me faire doubler et, malgré la fatigue, je poursuis sur ce rythme à 7 ou 8km/h environ.

L’eau pétillante avec laquelle j’ai rempli mes bidons, sous l’effet des secousses, a fait exploser les bidons. Je suis trempé et je n’ai plus grand chose à boire. Entre le trente cinquième et le quarante-quatrième kilomètre je dois économiser mon eau, ce n’est pas agréable.
J’ai des jambes en bois je suis au bord des crampes quand j’atteins le second ravitaillement au sommet du Parc de Saint-Cloud après plus de quarante-quatre kilomètres et cinq heures trente de course.
Je prends un thé, je remplis mes bidons avec une boisson isotonique à la menthe et je m’assieds sur un banc pour attendre Laurent.
Il arrive au bout d’un quart d’heure. Il est énervé, ne supporte plus ce parcours en Ile de France, souffre de ses talons, de son genou et ne parvient pas à digérer tout ce qu’il a mangé sur le premier ravitaillement. Il annonce qu’il a décidé de s’arrêter là. J’essaie de le persuader de reprendre la course, en vain.

Je repars seul et, alors que j’ai déjà perdu un quart d’heure et cent-cinquante places je m’arrête au bout de cent mètres pour faire une chose stupide: j’attrape l’Iphone que j’avais enfoui au fond de mon sac et je passe cinq bonnes minutes à tenter de démêler l’écheveau de fils de mon casque. Je ne cours habituellement jamais en musique et là je perds un temps fou à me brancher. Des dizaines coureurs me dépassent et je continue à ajuster mes écouteurs. Je crois que la fatigue m’a fait perdre la raison.

Je descends la longue pente du Parc de Saint-Cloud en écoutant The Verve et puis je croise Papa qui m’attend à la sortie du Parc, juste avant la Seine. Je discute 5mn avec lui et le remercie pour sa patience. Il a vu passer Julien environ 45mn avant moi. J’arrache mon casque et je continue le long des quais.
C’est à partir de là que ma course se transforme en calvaire. Les excursions sur les différentes iles qui se succèdent entre Saint-Cloud et la porte d’Issy ne rajoutent pas grand chose au trail. On se retrouve au milieu des promeneurs du dimanche avec leurs poussettes qui se demandent ce qu’on fait là avec nos têtes de zombies et nos sacs à dos ; et nous aussi on se demande ce qu’on est venu faire dans cette galère au milieu des gamins qui jouent au ballon.
Je mobilise mes dernières forces pour ne pas me mettre à marcher sur ce tronçon interminable qui longe les entrepôts d’entreprises de BTP (désolé Thibaut); c’est franchement glauque. C’est peut-être plus supportable de nuit mais là il fait encore jour. Je réussis à doubler une quinzaine de coureurs qui n’en peuvent plus.
Plus les kilomètres passent, plus il en reste. J’ai envie de trucider un des bénévoles qui tous les kilomètres annoncent «allez, encore un petit kilomètre». Au final ce trail mesure 55km.
Je me traine jusqu’au pont de Suffren alors que la pluie commence à tomber. Anne, val et Fred m’attendent en haut des marches. C’est une super surprise. J’ai beaucoup de mal à afficher ma joie tellement je redoute qu’il me faille encore faire le tour du champ de Mars avant d’arriver. Mais je suis vraiment très content qu’ils m’accompagnent en courant jusqu’à la ligne d’arrivée.
Autre bonne surprise, la ligne est placée un peu avant le pont d’Iéna et non pas à l’autre bout du Champ de Mars comme je le craignais. Elle est un peu misérable cette ligne, dans l’indifférence et sous la pluie. Mais elle est là, et ça me va bien.
Sur une idée de Fred, je termine par un sprint pour doubler, au finish, un couple qui se traine 200m devant moi.

c’est la lutte finale !

Grosse déception, le t-shirt Mizuno finisher est vraiment très moche. Les organisateurs avaient été mieux inspirés l’an dernier; cet imprimé vert sur fond blanc est assez bas de gamme. Il faudra vraiment que je n’ai rien à me mettre pour le porter.

Voilà! la douche était encore chaude même s’il fallait s’entasser à vingt-cinq vieux poilus dans des vestiaires prévus pour accueillir une équipe de foot de benjamins. Pendant que je me rhabille, Laurent apparait dans l’embrasure de la porte en affichant un large sourire.
Il a finalement repris la course après qu’il se soit rendu compte qu’il devrait attendre près de deux heures dans le parc de Saint-Cloud avant qu’une navette ne le ramène vers la ligne d’arrivée. Les organisateurs n’ont pas voulu lui rendre son dossard et il terminera sa course en homme libre. Il est lui aussi un véritable finisher mais nous serons les seuls à le savoir.
Après avoir passé quelques longues minutes étendus dans un coin du gymnase, nous nous précipitons dans le bistrot le plus proche pour boire les bières dont nous avons tant rêvé. J’apprends qu’ Agnès Hervé, la gentille gérante de Team Outdoor, a remporté la course chez les femmes malgré un gros problème de balisage qui lui a fait perdre de précieuses minutes.

Nous laissons tomber les Ombres et rentrons finalement Anne, Val, Laurent et moi à la maison en taxi. Nous savourons les plats délicieux d’un traiteur thaï secret du douzième arrondissement.
Je vais ranger mes chaussures pour quatre jours au moins. Je pars pour Lisbonne Mercredi et ne désespère pas de faire quelques pas dans le parc Monsanto

temps officiel : 07:02:22 – classement général : 678 sur 1299 – classement catégorie V1H : 226 sur 394

la trace du parcours de l’Eco-Trail de Paris 50km

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Montreuil et bantits


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