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films

Grand Bornand 2012

comme neige au soleil

DCIM101GOPRO

Montmorency Hopeless Romantic

Je suis un peu victime d’un effet pervers induit par la vision du film de Nicolas Winding Refn. Je l’appelle le Drive Driving Syndrome™. Je rigolais en voyant ma sœur infuser des heures dans la baignoire avec des palmes et un tuba, après avoir vu six fois le Grand Bleu, il y a vingt trois ans. Elle avait quelques circonstances atténuantes, elle achevait son adolescence.  Elle en est sortie (de l’adolescence bien sûr et du film de Besson surtout). Les heures à écouter la musique d’Eric Serra ne lui ont laissé aucune séquelle. Je peux donc espérer moi aussi qu’un jour je serai guéri et que mon affection ne constituera plus qu’un souvenir embarrassant; J’aurai honte de ce DDS™ comme d’une lointaine syphilis.

Ça a commencé bêtement un mardi, quatre jours après  être sorti du cinéma. On m’avait prévenu; les filles craquent pour Ryan Gosling, Carey Mulligan est mignone, le scénario est bien foutu et les séquences en bagnole sont hypnotiques. Ca ne suffit pas pour faire de ce film un chef d’oeuvre mais il reste quelques images rémanentes et des envies d’autoroute.

L’idée de faire  six fois le tour du périphérique avec une Chevy Malibu 1973,  des mitaines en cuir et une paire d’Aviator sur le nez, m’est apparu comme le truc le plus évident du moment. J’ai redécouvert les groupes du Collectif Valérie comme Anoraak, Kavinsky ou College dont le titre a Real Hero arrive en tête des charts de mon Iphone ou de mon autoradio; Je zone sur deezer, Spotify, itunes et ce qui reste de myspace à la recherche de titres crypto new-wave qui me rappellent les boucles de basse électro qui encombrent la bande Original composée par Cliff Martinez; bref, je suis givré.

J’ai fixé la Gopro sur le pare-brise de ma Volvo et j’ai entrepris de filmer en timelapse toutes mes sorties du weekend. Des aller-retours dans le vingtième arrondissement, un tour dans le bois de Vincennes et un autre jusqu’à Montmorency où je suis allé courir, sous la pluie, dimanche matin.

Ce n’est pas Drive.  Ce n’est pas non plus un hommage; il existe sur la toile des « tributes » bien mieux roulés, à l’instar de ce petit clip d’animation

Là, ce sont juste des images de la circulation dans le nord de Paris; des heures en voiture, du bitume et des embouteillages. C’est gris, c’est Paris et on s’ennuie. J’ai ajouté un petit air synthétique de FM Attack comme on met de la musique dans les ascenseurs et les parkings, en espérant que ça crée une ambiance. Si les crapauds se transforment parfois en prince, mais la musique n’y changera rien : les ascenseurs et les parkings demeureront des espaces oppressant. Paris en décembre est sous la pluie; même filmé en timelapse ce n’est pas Hollywood.

Je vais reprendre mon vélo , c’est finalement beaucoup plus sympa que de regarder pendant des heures, les feux de stop de la voiture qui me précède.

Eddy Merckx 1971

bike office

Les vidéos de coursiers new-yorkais qui traversent la Grande Pomme à fond sur leurs fixies m’ont toujours beaucoup impressionné. Je l’expliquerai plus bas, aspirant à vivre de nombreuses années encore et d’en profiter autrement qu’assis dans une chaise roulante, je ne possède pas de vélo à pignon fixe. J’avais l’ambition de réaliser un petit clip qui exposerait, à la manière d’une vidéo de downhill, le trajet que j’effectue chaque matin jusqu’à mon bureau. J’avais déjà, cet été, tenté de filmer un de mes trails avec une GoPro; j’espérais que la vitesse induite par une longue descente en vélo offrirait davantage de sensations qu’une ascension en montagne…

 

J’ai commencé à me déplacer en vélo dans Paris au début de l’été 2007, après l’apparition du Vélib. Le principe d’utiliser librement un vélo, de le prendre et de l’abandonner où bon me semblait, m’a tout de suite emballé. J’ai souscrit à un abonnement annuel (29€ anywhere, anytime) et j’ai pédalé. Ce fut une révélation : la traversée de Paris en 30 minutes, les trajets matinaux jusqu’au bureau en moins d’un quart d’heure et la fin de la promiscuité dans le bus ou le métro m’ont permis de redécouvrir Paris.

Mon expérience du vélo restait, jusque là, assez modeste et, à l’exception d’une courte randonnée sur les GR 9 et 4 entre Cavaillon et Nice, je n’affichait aucun intérêt pour la bicyclette: Je n’ai pas le souvenir d’après midi de juillet à surveiller les étapes du Tour de France à la télévision ni de discussions interminables sur les avantages des dérailleurs Mafac ou Campagnolo; Bernard Hinault était un Blaireau, Poulidor un looser absolu et je n’ai jamais compris ce que disait  Merckx lorsqu’on l’interviewait.

Eddy Merckx 1971

J’étais perdu pour la pédale.

Et puis j’ai découvert Vélib. J’ai investit dans un casque Poc parce que j’ai rapidement eu l’intuition qu’il y avait un certain danger à affronter nu les automobilistes énervés et j’ai profité de l’été pour faire mes premiers allers et retours jusqu’au bureau. J’avais l’agréable sensation de rompre avec ma léthargie sédentaire et de pratiquer enfin une activité presque sportive et surtout Je pouvais même qualifier mon attitude d’écologiquement responsable. Ça pose un homme !

J’ai roulé tout l’été et pendant tout l’hiver qui a suivi. Les pistes cyclables n’étaient pas aussi nombreuses qu’aujourd’hui et le système du contre-sens n’avait pas encore été mis en place. Les règles quant à l’utilisation des voies réservées aux Bus n’étaient pas d’une très grande clarté et j’ai reçu  ma première contravention un soir, rue Lafayette alors que je rejoignais Anne au cinéma. Quand on exploite intensivement un système, on finit par en atteindre les limites; et celles de Vélib se rencontrent à ces bornes. Je ne parle pas là du décompte des vélos défectueux ou des dysfonctionnements du système informatique, cela se corrige, mais du problème systémique induit par le Vélib. J’habite au sommet d’une Colline dont l’accès à vélo nécessite un effort que l’on pourrait qualifier de « sportif ». Or les sportifs ne sont pas si nombreux surtout quand il s’agit de remonter un vélo après une journée de boulot. La rue de Ménilmontant est sympathique quand on la descend, dans l’autre sens, c’est un enfer. La probabilité de trouver un vélo le matin autour de chez moi a diminué avec  le succès de Vélib. Celle de ne pas pouvoir rendre son vélo parce que la borne que l’on rejoint est pleine étant à peu près équivalente à la précédente, j’ai dû marcher davantage que je ne roulais. Je faisais le tour des bornes du quartier, souvent en vain, pour trouver un vélo en état de fonctionner et je répétais cette errance pour trouver une place libre quelques kilomètres plus bas. L’approvisionnement des stations d’altitude est un problème critique et, à moins d’installer une batterie de télésièges autour des buttes de Paris, je ne vois pas comment le résoudre. On a bien essayé d’inciter les abonnés à monter les vélos en accordant un bonus horaire à tous ceux qui auraient le courage d’affronter les côtes les plus raides mais ce n’est pas suffisant. Pour grimper il faut développer du muscle pas un crédit d’heures. Peut-être qu’en autorisant un marché à terme de ces points et en valorisant financièrement l’ascension de Montmartre, de Gambetta ou de la Butte aux Cailles en Vélib, trouverait-on davantage de personnes motivées pour approvisionner les points hauts.

Lassé de mes trop longues heures à naviguer entre les bornes j’ai décidé de m’équiper de mon propre vélo. J’ai trouvé sur e-bay un VTT sur lequel j’ai tenté, en juin 2009, une traversé des Alpes avec Bruno. Je craignais en possédant mon propre vélo, de perdre la liberté offerte par le Vélib ; Ce fut loin d’être le cas et je suis devenu un cycliste convaincu.

chic-cycliste

J’ai touché du doigt le danger que représente la circulation à vélo dans Paris. Si la vidéo ci-dessus laisse supposer que ma conduite est imprudente, il n’en est rien; Je respecte autant que possible les règles applicables aux vélos. J’eus aimé que cela soit partagé par les automobilistes que je croise. A l’exception de deux soleils au dessus de portières ouvertes inopinément et dont je me suis échappé sans blessures grâce à mon casque et à une pratique intensive des chutes au judo,  je n’ai pas eu d’accident majeur. Je suis en revanche toujours choqué par la méconnaissance qu’ont certains conducteurs quant au partage de la voirie. Les voitures ne sont pas prioritaires, les cyclistes ne sont pas tenus de serrer la bordure du trottoir ou la file de voitures rangées sur leur droite pour laisser passer les véhicules qui les suivent et, surtout, il convient de laisser une distance d’au moins 1m50 entre son véhicule et l’épaule gauche du cycliste que l’on double. Une voiture est passé en force hier dans le bas de la rue de Crimée ; le conducteur m’a heurté avec son rétroviseur; j’aurais pu y laisser une jambe, il m’a insulté.

Après qu’on ait sectionné l’antivol et volé mon VTT, un après midi de 2010 devant le cinéma du quai de Seine,  j’ai fait l’acquisition d’un nouveau vélo. J’ai hésité un moment. Le look épuré des fixies m’a longtemps fait rêvé. Mais j’en ai finalement laissé l’usage aux jeunes et chics bobos téméraires. Sans pignons et sans frein on souffre autant dans les côtes que dans les descentes; comme l’écrivais un de mes potes, ces bécanes sont le fruit d’une entente démoniaque entre les cardiologues et les traumatologues.

Je possède désormais un joli Giant urbain noir très confortable et relativement léger… J’y ai ajouté un siège passager que j’utilise pour transporter Hugo ou Théophile quand ils revenaient de leurs entrainements de Foot. J’ai fait le taxi pendant près d’un an mais j’ai dû cette activité illégale; en grandissant, Hugo devenait de plus en plus lourd et je frôlais l’infarctus  lorsque je devais hisser ses quarante-cinq kilos et son énorme sac de la Porte de Montreuil à la Place Gambetta.

Après quatre ans d’une pratique régulière de la bicyclette à Paris, je ne conçois plus qu’on puisse se déplacer autrement. A l’instar d’un ancien fumeur face à une cigarette qui se consume, les voitures dans Paris me révoltent. Moins pour une raison environnementale, que pour des motifs comportementaux. J’ai en horreur ceux qui roulent vite dans les rues trop étroites ou qui klaxonnent pour qu’on s’écarte à leur passage. Ils n’ont pas compris qu’en ville la route est un espace public que l’on partage.

Je ne suis pas un intégriste, j’adapte mes principes à ma convenance et j’avoue sortir quelquefois ma grosse Volvo du garage pour aller chercher Hugo le soir quand il termine ses entraînements. Il vient d’ailleurs d’avoir quatorze ans et m’a demandé l’autorisation de disposer de sa propre carte Vélib. J’hésite encore; je crains qu’il ne soit pas suffisamment attentif et inconscient des dangers que représentent les automobiles.   J’ai un espoir; J’espère qu’un jour nos enfants pourront circuler librement et sans danger, à bicyclette dans Paris et ailleurs.

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notre vie aquatique



lire « des sentiers en Toscane »

massif des Ecrins

Villar d’Arène morning trail

Pour ceux qui ne seraient sensibles ni à la course, ni à la montagne, ils pourront toujours entendre la pop sirupeuse de SuperPitcher.

 

Notre route estivale vers l’Italie s’annonçait longue et éprouvante, nous avons choisi de fractionner notre trajet en effectuant une courte étape au pied du massif des Ecrins. Après avoir serpenté pendant quelques heures depuis Grenoble derrière une file de véhicules sur la D1091, nous avons atteint la Grave, samedi en fin d’après midi.

Nous avons établi notre camp de base dans un hôtel dont la description, sur internet, de l’ambiance chaleureuse et authentique nous a laissés perplexes. Accrochés à flanc de montagne, les chambres et appartements formaient un hameau de chalets orientés au sud dont les trois étoiles rayonnent sur toute la vallée. Trônant dans le hall, une photographie dédicacée de Lance Armstrong attestait de la gloire de l’hôtel et du champion. Les lambris de sapin clair et le mobilier acquis parmi les promotions d’un IKEA asthénique concordaient parfaitement avec l’accueil antipathique du Thénardier des lieux. L’aspirateur que l’on passe pour signifier, à 10h02, que le temps imparti au petit déjeuner est révolu ou ses accès d’autorité sur les Cosette qui desservaient les tables, nous mettaient profondément mal à l’aise. A sa décharge, la piscine et sa terrasse en thèque, face au glacier, nous ont offert quelques heures enchantées. Ainsi, après avoir déposé nos valises et découvert notre studio fonctionnel et sans charme nous nous sommes étendus sur des transats dans lequel j’ai entrepris d’achever la lecture des Privilèges de Jonathan Dee.

 

swimming the Meije

Avant de nous préparer pour le diner, j’ai suivi, avec Anne, la première trace que j’avais dessiné autour de la grave. Une petite boucle de sept kilomètres qui suivait un chemin vallonné le long de la Romanche, puis remontait dans les alpages, après avoir traversé Villar d’Arène et le bois de la Chal d’Outre, en empruntant le GR54. A l’exception d’une petite crise d’hypoglycémie dont Anne a été victime après trois kilomètres, nous avons trouvé ce parcours rafraichissant. Courir dans la montagne, sur des sentiers couverts d’épines de pin, quand on arrive de Paris, c’est toujours un grand bonheur.

La Crèperie des Plagnes est retirée au pied des pistes du Chazelet, un petit village qui surplombe la Grave. C’est là que, trois jours de suite, nous nous sommes réfugies pour profiter de diners magiques au milieu de la montagne. A l’instar de la Crèmerie du Glacier à Argentière, ce lieu avait quelque chose de lynchéen ; il aurait pu figurer dans Twin Peaks entre le One Eyed Jack et le Double R.

Dimanche, les garçons nous ont accompagné dans une longue descente randonnée entre la gare intermédiaire de Peyrou d’Amont et le lit de la Romanche. Après avoir emprunté le téléphérique des glaciers de la Meije, et suivi, au milieu des pierres, un sentier qui nous conduisait jusqu’au petit lac de Puy-Vachier, nous nous sommes assis contre un gros rocher pour y consommer notre pique nique. La pluie qui menaçait depuis le matin nous a contraint à reprendre rapidement notre randonnée. Le soleil est apparu après que nous ayons traversé le bois des Fréaux et il ne nous a plus quitté. Il aura fallu près de quatre heures pour que nous dévalions nos mille mètres de dénivelé; avec un enfant de sept ans, je n’en espérais pas tant.

au loin, la Meije

J’ai attendu le lundi matin pour me lancer dans le trail que j’avais imaginé  et dont j’ai longtemps rêvé. J’avais dessiné une jolie boucle, à l’est de la Meije entre le Pied du col, le refuge de l’Alpe de Villar d’Arène et le col du Lautaret;

Alice nous attend vers midi à Serre Chevalier où elle a passé deux semaines dans un centre de vacances;  Arrivé à 9h00 à proximité du camping du Pied du Col, je dois faire vite. La brume recouvre la vallée et je crains qu’il ne se mette rapidement à pleuvoir. Pressé par le temps et menacé par la pluie, j’hésite un moment avant de me lancer dans cette course solitaire de 17km. J’ajuste mes bâtons et fixe la caméra Gopro sur ma tête. Lorsque je me vois dans le rétroviseur de la voiture, j’espère ne pas croiser trop de randonneurs.  L’idée de filmer un de mes trails m’est venue après avoir maté quelques videos de downhill sur Youtube. On y voit des types, à qui on a sans doute retiré un bout conséquent de l’hypothalamus, descendre des collines à fond sur leurs mountain bikes du hard rock plein les oreilles . Je voulais faire la même chose en courant; montrer à quel point les sensations d’un trail en montagne peuvent approcher celles du ski. Malheureusement le soleil n’apparaîtra qu’à la toute fin de ma course et les sentiers ne semblent pas, sur le film, aussi vertigineux qu’ils le sont en réalité; Et puis, à pied dans une côte,  on n’atteint pas une vitesse suffisante pour rendre ces images aussi impressionnant que sur un mountain bike.

Je n’ai pas quitté le parking depuis 5mn quand je croise un groupe de pêcheurs réunis autour d’une caravane.  Je me souviendrai longtemps de la façon dont chacune de leurs dix têtes se lève pour observer mon passage. Je les ignore superbement poursuis ma course sur la route qui longe la Romanche. Le paysage qui m’entoure jusque là ne présente pas de grand intérêt : des cailloux et de grands espaces  aménagés par une armée de pelleteuses et de bulldozers. .. Il me faut courir pendant un peu plus de deux kilomètres sur un petit sentier qui surplombe la rivière avant d’atteindre la première côte. Le paysage se découvre et, sur ma droite, une magnifique cascade plonge vers la rivière dans un vacarme assourdissant. Je m’efforce de ne pas trop ralentir lorsque je commence mon ascension et, dès que la pente diminue, je reprends ma course. Au niveau du troisième kilomètre, un groupe de randonneurs forme une haie d’honneur à mon passage. Je ne sais pas si c’est la vitesse avec laquelle j’avale les mètres de cailloux ou la caméra au sommet de mon crâne qu’ils saluent ainsi; Je me sens en grande forme et j’interprète tous les signes que l’on m’adresse comme un encouragement sincère. Je leur retourne un large sourire et les remercie d’un geste de la main.

Je franchis ensuite un petit pont de bois qui enjambe la rivière et attaque la seconde partie de mon ascension. La pente est plus forte et surtout bien plus longue. Ce qui avait précédé n’était qu’une mise en bouche. Mon rythme cardiaque accélère, mon souffle est court mais grâce à l’appui de mes bâtons je parviens à conserver un bon rythme. Je dépasse trois ou quatre autres couples de randonneurs, qui s’écartent poliment à mon passage. Leurs airs surpris fini par m’amuser et je ne m’inquiète plus de passer pour un doux dingue.

Je quitte le GR54 qui se prolonge sur ma gauche pour suivre, entre les rochers, le sentier des sources de la Romanche. Lorsque j’atteins le col, je suis saisi par le froid et le vent. Le ciel commence à se dégager mais le soleil est encore loin de me caresser de ses rayons. Tout autour de moi des marmottes sortent de leurs trous. Mon passage ne semble pas les inquiéter. Je n’en avais jamais vu autant. Je continue ma course en suivant le chemin du plan de l’Alpe, au dessus de la Romanche, jusqu’au refuge de l’Alpe de Villar d’Arène où je rejoins le GR 54. Il continue vers le lac d’Arsine, ce n’est pas mon chemin. Malgré les 700m de dénivelé, je n’ai parcouru que 5km environ. Je marque pas de pause et repars immédiatement en sens inverse, plus à l’ouest cette fois-ci. Je laisse une petite station météorologique sur ma gauche et me dirige vers le col du Lautaret. J’emprunte le Chemin des Crevasses dont le nom avait fait frémir Anne. Ce long balcon exposé à l’ouest, zébré par les torrents et balafré par d’étranges combes d’ardoise, est magnifique. On est sur la Lune, ou peut-être sur Neptune. La rivière coule 800m plus bas et je suis seul au monde. A 2000m d’altitude, je cours dans le ciel ; je fais du sky running, c’est fabuleux.

interprétation des crevasses

Après avoir franchis le Rocher Blanc, au bout de neuf kilomètres, je quitte ce chemin étroit et abrupt pour suivre, le Chemin d’interprétation des Crevasses. Je suis toujours sur un balcon, mais celui-ci est exposé au nord. Le paysage change radicalement. La pente au dessous de moi est plus douce, le sol est moins aride et on aperçoit quelques buissons aussi.

J’atteins le col du Lautaret à mon douzième kilomètre. Si c’est un lieu dont rêve les cyclistes, j’avoue rester froid devant cette large route balayée par le vent et sur laquelle circule de gros camions. Je m’arrête quelques instant sur un des parkings qui entourent le col et j’avertis Anne que je m’apprête à redescendre vers Villar d’Arène. Je cours depuis moins de deux heures et j’en aurai terminé dans trois quart d’heures tout au plus.

Je traverse la route et suis le GR 50, au milieu des pâturages en direction du  Pied du Col. Depuis mon arrivée au Lautaret, le soleil brille intensément. Je reste suspendu pendant encore deux kilomètres à plus de deux mille mètres d’altitude; et puis je bascule, ma descente est rapide ; en moins d’un quart d’heure je retrouve la rivière et ma voiture.

L’après midi même, j’ai proposé à Anne, Hugo et Théophile de découvrir ce parcours avec moi. Ils étaient enchantés. Les garçons ont cherchés des marmottes, escaladé les rochers qui entourent la Romanche ; J’ai de nouveau croisé tous ceux que j’avais dépassés ce matin pendant ma course. Ils étaient tout aussi étonnés de me voir escalader encore une fois cette montagne. J’ai échangé quelques mots avec chacun d’entre eux; ils revenaient du lac d’Arsine. Je leur ai expliqué ma course et mon envie de partager ce bout du monde avec mes enfants. J’espère que mon explication les a convaincus et que le fou qu’ils ont vu courir dans la montagne avec une caméra sur la tête leur est apparu moins suspect.

les sources de la Romanche

J’aurais aimé que ce circuit ait duré plus longtemps et faire le tour de la Meije n passant par le lac du Pavée et le col des Chamois ou par le refuge du Chatelleret et le glacier des Cavales. J’ai l’impression qu’au pied du glacier du Clot des Cavales  il faut s’équipé de crampons et d’un piolet, ce n’est plus vraiment du trail…

Les Grands Montets

les Grands Montets

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rural decay


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Mansigné, Sarthe


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un week-end extraordinaire


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à la recherche du temps perdu

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sabotage

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réunion, première mise en ligne par ilgigrad.

 

Skjolh

shorts films


Ilgigrad Millenium par ilgigrad


la chasse au loup par ilgigrad


sjolkh par ilgigrad

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