sans traitement, ni retouche

J’expose sur ce blog, quelques photographies et de petits films qui illustrent ma vie, semaine après semaine. Ces photographies sont quelquefois recadrées afin de masquer un détail périphérique disgracieux; je modifie aussi le contraste, la luminosité et la saturation des clichés que le numérique rend trop terne, mais aucune n’a fait l’objet de retouche ou de traitement.

J’oppose photographie et image. La photographie est une représentation optique de la réalité; on ajuste quelques paramètres comme la quantité de lumière, la vitesse et la profondeur de champs; ce qui est photographié est sujet, le support est objet et le tour est joué.
L’image procède d’une autre démarche. Elle s’appuie sur la photographie mais en transforme la fonction. Le sujet devient objet de l’image qui elle même devient sujet. La retouche, l’application de filtres ou de traitements (Cross Processing) ne sont pas des manipulations anodines; elles constituent une véritable « perversion » de la photographie. Supprimer une ride, affiner une courbe ou dramatiser une scène change tout. Une photographie est objective, imparfaite, c’est un témoignage…

Je suis contre la retouche mais j’étais aussi contre le numérique. J’aimais l’idée que l’on impressionne un film plutôt qu’un capteur et que l’argent faisait davantage rêver que l’octet. La photographie argentique s’inscrit dans la durée. L’attente, la rareté, la profondeur de champ, le révélateur, la chambre noir et la lumière rouge contre l’immédiateté, la profusion et l’imprimante. On ne sait que bien longtemps après avoir déclenché si le cliché est réussi; Lorsque le révélateur laisse découvrir une photo imparfaite il est trop tard pour recommencer…

J’avais tort, les appareils numériques permettent aussi des photos; Mon Canon numérique est sans doute moins poétique que mon vieil Olympus M1 mais je ne regrette rien.

La retouche ce n’est pas pareil.

à lire : l’explosion de la retouche sur l’Atelier des Images